Frances Fyfield, Les Profondeurs du Mal

Deux trains entrent en collision dans les environs de Londres: l’accident fait de nombreuses victimes et change le destin de trois autres personnes. Un homme, profitant de la confusion, assassine sa compagne. Une femme, Amy Petty, décide de ne pas rentrer chez elle. Son mari, un riche excentrique engagé dans la protection des animaux, est en train d’intenter un procès en diffamation: un journal l’a accusé, photos à l’appui, de se livrer à des cruautés sur les animaux qu’il prétend protéger. Pourquoi Amy décide-t-elle de se faire passer pour morte, alors qu’elle est sensée témoigner en faveur de son mari? Quel genre de passé veut-elle fuir à tout prix? Et surtout, où compte-t-elle aller?

Elizabeth Manser prépare les éléments du procès que veut intenter Douglas Petty. Elle déteste cet homme qui ne pas verse pas la moindre larme pour sa femme. Avocate de seconde catégorie, Elizabeth est assistante et maîtresse de John Box, une pointure dans sa profession. Elizabeth, qui se sent mal à l’aise dans sa peau d’avocate et peu sécurisée dans sa relation amoureuse, préfère nettement jardiner que potasser les dossiers. Elle se trouve beaucoup de points communs avec Amy, la disparue, la mal-aimée. Sans le vouloir, elle va retrouver la trace de celle que tous croient morte…

Au fur et à mesure que l’enquête progresse, les faux-semblants s’effacent et Elizabeth découvre la vérité derrière les motivations de la fuite d’Amy. Les véritables personnalités se révèlent, et Elizabeth réalise que personne ne correspond vraiment à l’image qu’elle s’en faisait.

Ce roman se lit agréablement, malgré un style assez médiocre, probablement dû à une mauvaise traduction. Notamment, le slang anglais est traduit par des mots d’argots démodés, que l’on n’entend pas dans le langage parlé: l’effet résultant est peu naturel. Bien qu’il n’y ait pas de véritable suspense, on s’attache aux personnages principaux et on s’intéresse à leur sort. La construction originale (point de vue qui n’est pas celui de la police mais celui de l’un des personnages), ainsi que des protagonistes plutôt marginaux, rappellent un peu l’atmosphère des romans de Ruth Rendell, la noirceur en moins. Ajoutez une petite dose de romance et on obtient du Ruth Rendell à l’eau de rose…

Note: 3/5

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