José Carlos Somoza, La Caverne des Idées

Dans les rues de l’Athènes antique, Tramaque, un jeune éphèbe, est retrouvé mort, probablement dévoré par les loups. Heraclès Pontor, un Déchiffreur d’énigmes aux initiales familières, assiste avec curiosité à la scène. Il connaît la veuve Etis, mère de Tramaque. Lorsque Diagoras, professeur à l’académie de Platon, demande à Heraclès d’enquêter sur la mort de Tramaque, Héraclès accepte,  non pour confirmer les impressions subjectives de Diagoras, mais pour valider ses propres observations. Car Héraclès est un pragmatique: il ne croit par aux Idées platoniciennes, indépendantes et parfaites, il croit à ce qu’il voit. Alors que les deux hommes arpentent les rues d’Athènes en affrontant les divergences de leurs opinions, des amis de Tramaque, éphèbes de l’académie, meurent eux aussi dans des circonstances étranges. Mais la vérité derrière cette énigme est au-delà de tout ce qu’Héraclès pourrait concevoir…

Car parallèlement au récit situé dans la Grèce antique, un autre récit se forme, constitué par les notes du traducteur chargé de traduire La Caverne des Idées. Celui-ci s’aperçoit vite de la présence d’une figure de style qui revient avec insistance: l’éidésis. "L’éidésis est une technique littéraire inventée par les écrivains grecs classiques pour transmettre des clés ou des messages secrets dans leurs œuvres" nous dit le traducteur (l’Eidésis est en fait, une pure invention de José Carlos Somoza!). Le traducteur devient vite obsédé par l’éidesis de l’œuvre qu’il traduit, et se persuade que celle-ci véhicule un sens caché. Son obsession tourne à la paranoïa et à la folie, quand il commence à penser qu’il est épié…

Heraclès saura-t-il résoudre son énigme athénienne? Le traducteur trouvera-t-il la clé caché dans le texte? Qu’y a-t-il au delà de la fameuse caverne de Platon? Des Idées, ou rien du tout? Et quels risques court celui qui cherche à le savoir?

La Caverne des Idées est un roman ingénieux et audacieux qui jongle entre intrigue policière et récit philosophique. Sa structure originale, sa conclusion pour le moins inattendue en font un récit provoquant et qui ouvre à la réflexion. Un seul bémol, parfois gênant: si l’éidesis est une invention très ingénieuse, son insertion dans le texte alourdit considérablement la lecture. Il faut donc apprécier ce roman pour son originalité, l’intérêt des idées qu’il soulève, la performance qu’il représente, et non pour la fluidité du texte…

Note: 4/5

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