Kavita Daswani, Mariage à l’Indienne

Anju a la trentaine et est célibataire. Ce qui ne lui poserait pas de problème particuler si elle n’était une indienne de Bombay. En effet, dans sa culture, une femme ne s’accomplit que par le mariage. Sa grand-mère était mariée à 10 ans, sa mère à 20 ans, mais elle-même n’a pas la moindre "ouverture" en vue. Les années passant et le "prince charmant" ne venant toujours pas, Anju décide de ne pas se morfondre à l’attendre. Elle est lasse de travailler dans la bijouterie de son père, et de croiser le regard de pitié mêlé de dédain de ses anciennes amies, toutes mariées, ainsi que de subir les infructueuses tentatives de ses parents pour la marier. Elle décide donc de partir aux États-unis, tout d’abord pour reprendre des études, ensuite pour travailler comme attachée de presse dans le milieu de la mode, se rendant par cette prise d’indépendance encore plus "inmariable"…

Mariage à l’Indienne est un roman assez sympathique, qui nous présente une vision du mariage et des relations hommes-femmes bien différentes de nos habitudes occidentales. Tout est vrai, pourtant, dans ces coutumes que l’on ne peut s’empêcher de trouver "bizarres": les parents qui font pression pour que les enfants décident de se marier après ne s’être vu qu’une fois (les parents étant présents lors de la rencontre), l’astrologue sollicité pour comparer des thèmes astraux et à qui l’on graisse parfois la patte pour qu’il révise un pronostic négatif sur une union que les familles jugent souhaitable, les gourous consultés, les pierres précieuses portées pour la chance, ou encore les jeûnes entrepris pour rendre les dieux favorables…

Au travers de Anju, l’héroïne, qui est un mélange de traditions indiennes et de modernité acquise au cours de sa vie aux États-unis, l’auteur nous offre un regard humoristique et en même temps respectueux sur sa culture. Dommage cependant que l’héroïne soit superficielle et que l’attrait de sa vie aux États-unis se résume à l’espoir de croiser des célébrités et au désir de fréquenter des instituts de beauté ou de s’acheter des chaussures Prada… On éprouve quand même un peu de sympathie pour cette jeune femme naïve et ses péripéties amoureuses, même si son obsession pour le mariage agace. Anju est un mélange de Becky Bloomwood, l’"accro du shopping" et de Bridget Jones (en beaucoup moins drôle tout de même): on dirait que le genre de ce qu’on appelle aux USA la chick lit ("littérature pour jeunes femmes") s’ethnicise: il parait qu’au Japon (ou il est aussi mal vu qu’en Inde qu’une femme soit encore célibataire à 30 ans) est sorti un bouquin sur les célibataires trentenaires (à quand sa traduction française??)…

Note: 3/5

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