Emmanuel Carrère, La Classe de Neige
Nicolas est un enfant troublé, surprotégé par ses parents et mal accepté par ses camarades. Son père refuse qu’il effectue plus de 400 kilomètres en bus avec les autres élèves, pour se rendre en classe de neige. Il préfère l’accompagner en voiture. La semaine précédente, l’accident d’un bus scolaire avait fait plusieurs victimes.
Nicolas, arrivant un jour après les autres au chalet de montagne, aux côtés de son père, redoute de se faire remarquer. De plus, comme si cela ne suffisait pas, il oublie son sac dans le coffre de la voiture et se retrouve sans ses affaires, à la merci des railleries. Hodkann, le garçon le plus craint et le plus admiré de sa classe, semble le prendre sous son aile et s’intéresser à lui. Est-ce un piège? Veut-il se rapprocher de Nicolas pour l’humilier?
Bref, la classe de neige commence fort mal pour ce garçon mal dans sa peau, et on pressent avec lui que la situation ne va pas s’améliorer, bien au contraire. Pourtant, il ne sait pas exactement de quoi se méfier, et le lecteur non plus n’arrive pas à déterminer la source de l’angoisse ambiante. Inexorablement, une tragédie se prépare qui va changer la vie de Nicolas à jamais, une terrible vérité qui se profile à demi-mots. L’affection que lui porte Patrick, l’un des professeurs de ski, ne suffira pas à stopper l’inévitable en marche…
En dire plus serait trop révéler de l’histoire. Ce petit roman de moins de 200 pages, qui a gagné le prix Femina en 1995, est très vite dévoré. Une écriture juste et efficace, alliée à une histoire effrayante, produit un suspense presque insoutenable. La Classe de Neige dévoile les écueils et les terreurs qui jalonnent parfois une enfance que l’on fait trop souvent rimer avec insouciance…
Note: 4/5
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