Milena Agus, Mal de pierres
Ce court roman (ou longue nouvelle), qui se passe en Sardaigne, raconte l’histoire de la grand-mère de la narratrice, une grand-mère qu’elle a bien connue et qui s’est beaucoup occupée d’elle pendant son enfance, quand ses parents musiciens étaient absents.
Pourtant, jeune, celle qui ne sera pas désignée autrement que par le nom de grand-mère par la narratrice, fait fuir tous les prétendants. Exaltée, portant la certitude que seuls l’amour et la passion valent la peine d’être vécus, elle est considérée comme folle par ses proches. Excessive dans ses malheurs comme dans ses bonheurs, elle se mutile, ou tente de se suicider. Seul son journal, l’écriture de poèmes ou de lettres, l’empêchent de sombrer totalement.
C’est un homme récemment veuf et ruiné qui l’empêchera de continuer à porter le qualificatif peu flatteur de vieille fille. Un mariage bizarre, sans amour, d’abord non consommé jusqu’au jour où elle demande à son mari de lui apprendre ce que font les femmes des maisons closes qu’il fréquente assidument. Si elle remplace ces professionnelles auprès de son mari, il pourra économiser de l’argent pour acheter du tabac pour sa pipe.
Et puis un jour, lors d’une cure destinée à soigner ses calculs rénaux (le "mal de pierres"), qui l’empêchent de mener à terme une grossesse, elle rencontre le Rescapé, une homme beau et mutilé de guerre, qui lui fera connaître, pour un bref instant, l’amour, le vrai. Cette rencontre changera sa vie…
Mal de Pierres est construit sur un va-et-vient entre le présent et le futur qui permet à l’auteur de distiller les information au bon moment. L’histoire n’est donc pas linéaire, et c’est tout à la fin qu’un petit retournement de situation nous est réservé, qui remet en question l’histoire que l’on vient de lire.
Le procédé n’est pas nouveau, et le roman lui-même, pourtant assez plaisant et vite lu, n’est pas suffisamment prenant ou bien écrit, ni même assez original, pour que je ressente l’irrésistible impulsion que j’ai parfois, de le recommander autour de moi. Le mieux que je puisse dire en sa faveur, c’est: léger, plaisant mais sans plus, vite lu, et vite oublié…
Note: 3/5
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