Eliette Abécassis, Un heureux Evénement
C’est après le passage d’Eliette Abécassis à l’émission de On a tout essayé (cela remonte à plusieurs mois) que j’ai eu envie de lire le bouquin qui soulevait une telle polémique. Pas de polémique pourtant dans les critiques des anonymes de amazon.fr, qui s’accordent tous(tes) pour dire qu’il était tant qu’un livre un peu honnête vienne démythifier la naissance et la maternité… En revanche, sur le plateau de On a tout essayé, les Christine Bravo et autres Valérie Mairesse se récriaient toutes en cœur, comment pouvait-on écrire de telles choses, ce n’était que du bonheur, un bébé, etc. etc. Quelqu’un à qui les clichés ne font pas peur a même reproché à Eliette Abécassis de n’être pas le prototype de la mère juive…
Un heureux événement est un roman rafraîchissant, dans la mesure où il va à l’encontre du politiquement (ou plutôt socialement) correct, de la mode qui veut que la femme revendique aujourd’hui haut et fort sa capacité de faire des enfants comme si cela était une invention du XXIème siècle, et comme si des générations de femmes n’avaient pas élevé des générations d’enfants sans faire autant d’histoires… Pendant les années 70, on revendiquait le droit de travailler, maintenant on réaffirme le droit de faire des enfants, et on se glorifie jusqu’à l’écœurement (des autres) dans sa maternité, comme Demi Moore et ses fameuses photos enceinte, (qu’Eliette Abécassis évoque d’ailleurs dans son roman), ou plus récemment Angelina Jolie, dont on pouvait croire, vu l’(heureux) événement que les médias ont fait de sa grossesse et de son accouchement, qu’elle allait mettre au monde le messie en personne.
Comme le dit Eliette Abécassis, non sans humour, mais ne mâchant pas ses mots et ainsi prêtant le flan à de nombreuses critiques (cf deux paragraphes plus haut). "le bébé est une invention de la modernité, il a surgi avec les couches et la savon spécial bébé". Ou, encore plus provoquant: "Et si on arrêtait de dire que le bébé est une personne. [...] On a inventé le bébé en faisant croire qu’il avait une place dans la société, il est en train de prendre toute la place."
Dans Un heureux événement (qui est un roman, ne l’oublions pas, même si Eliette Abécassis se fonde nécessairement sur sa propre expérience), la narratrice, Barbara, assiste impuissante au naufrage de son couple, suite à la naissance de sa fille, Léa. Elle est partagée entre un amour immense pour sa fille, et décrit ce lien unique: "J’étais sa mère et elle était la mienne. Je naissais à elle, je naissais au monde par elle [...]" et la sensation d’être totalement privée de sa liberté. Un constat amer dès le troisième chapitre: " Faire un enfant est à la portée de tous, et pourtant peu de futur parents connaissent la vérité, c’est la fin de la vie". Ce sentiment, qui heureusement passe, et que beaucoup de parents ont sûrement éprouvé après une succession de nuits sans sommeil et de jours qui se suivent et se ressemblent, s’explique aussi par le fait que Barbara est une intellectuelle, qui rédige une thèse en philosophie, et a donc d’autres aspirations que les couches sales et les biberons… Mais comme elle le dit elle-même, la philosophie ne l’aide pas face à cette expérience, alors elle se rabat sur Laurence Pernoud, ne perdant pas son réflexe d’étudiante, et se lançant dans "une étude comparée du Laurence Pernoud de 1970 et de l’édition de 2000. [...] C’est merveilleux vous avez un enfant! votre vie va changer! votre couple va sombrer mais tout va pour le mieux, car il y a un chapitre sur "attendre un enfant seule"".
Férocement drôle et souvent vrai, Un heureux événement d’une part déculpabilise les mamans qui, comme Barbara, sont incapables de distinguer parmi les sept types de pleurs de leur enfant, et d’autre part dévoile tout sur la grossesse, l’accouchement, et le bébé, surtout les aspects que l’on nous en cache, ce qui en fait une lecture que l’on ne recommande tout de même pas à la femme enceinte pour la première fois, mais à toutes les autres, les mères et mères potentielles. Il était temps que quelqu’un aborde le sujet de la maternité de manière honnête et remette les choses à leur place, et montre que les sentiments ambivalents face à un grand chamboulement comme la naissance d’un enfant sont normaux et même sains, et qu’il est peut être mieux de les exprimer que de les réprimer…
Note: 4/5
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Comments
Merci pour ce commentaire sympathique. Il est vrai qu’il existe sur la maternité et plus précisémment sur l’enfant des livres beaucoup plus provoquants que celui-ci: je pense au “Cinquième enfant” de Doris Lessig, ou plus récemment “Il faut qu’on parle de Kevin” de Lionel Shriver…
je trouve que ce livre est triste
triste parce que cette barbara elle attend quoi de la vie?barbara est plate, narcissique ,vraiment pas interessante, elle ne fait pas rever, pourquoi elle part pas courir ou a la piscine pour muscler ses bras au lieu de glousser,il n y a pas d amour entre son mari et elle sa relation est sterile, elle a craque pour son mari a cause de son poste en bonne petite parisienne, barbara n a rien a donner, d ailleurs la relation sans ressent
a aucun moment elle n a essayer de parler avec son mari, parce que les bases du couple reposait sur de la futilité
je crois que certaines femmes capitalistes devraient aller faire un tour aupres de certaines femmes d un autre monde apprendre ce que c est de sourire et d apprecier les toutes petites choses de la vie, la vie tous simplement
je crois que la nature est bien faite mais l homme et la femme se sont egares, la femme veut devenir homme, nous sommes des animaux et tant qu on s eloignera de notre instinct nous ne seront pas heureux, nous ne sommes que des betes et le capitalisme est une cage ou nous allons mourir en devenant des machines a consommer pour ne plus parler, plus echanger, plus ressentir, consommer pour paraitre dans son couple, aupres de ses amis, des ses enfants, regardez le lavage intelectuel que nos gentil industriel opere,
Si vous êtes dans cet état d’esprit, lisez (si ce n’est fait) le roman “Les Choses” de George Pérec, vous ne pourrez qu’être d’accord avec ce qu’il y dit. Ma lecture du livre d’Abécassis remonte à loin maintenant, mais il me semble aussi que tout le problème vient de ce que maintenant on veut faire croire aux gens qu’ils peuvent tout avoir: argent, carrière, élever des enfants. Or tout réussir est impossible. Et ce que l’on nous montre ce sont des gens qui jonglent avec tout cela “facilement” (du moins c’est ce qui paraît), quand en fait ce gens-là sont bien aidés. Malheureusement, pour le commun des mortels, bien des désillusions attendent au tournant: et on se rend compte alors que ce n’est pas facile d’élever des enfants, que nous ne pouvons pas tous gérer. Dans la société d’ajourd’hui, on nous donne envie de tout avoir, tout maîtriser, et l’on ne peut pas. D’où la frustration. Il faut savoir avoir moins d’attentes. Et apprécier, comme vous le dites, ce que l’on a… Barabara est représentative de certaines femmes de sa génération. Je ne suis pas sûre que l’auteur adhère à sa façon de penser, elle montre à voir ce qui est, le reflet de notre société…

“ai eu envie de lire le bouquin qui soulevait une telle polemique”, j’ai du mal à comprendre, j’avoue
en tout cas mercipour ce billet intéressant ! c’esrt toujours sympathique de passer syur ce blog