Jean Des Cars, Sissi ou la fatalité

Dans Sissi ou la fatalité, Jean Des Cars nous brosse un portrait tout en sobriété de l’impératrice, mettant en avant son charme légendaire et les malheurs qui l’ont brisée tout au long de sa vie plutôt que ses lubies ou son caractère fantasque.

Sur l’enfance de Sissi, Jean Des Cars s’attarde peu, mais il souligne la préférence que lui porte son père Maximilien par rapport aux autres enfants, ainsi que son goût immodéré pour la nature et la liberté. Il évoque ensuite la rencontre entre Sissi, à peine seize ans, qui ne devait être là que pour accompagner sa soeur Hélène, et François-Joseph, qui porte déjà le poids d’un empire sur ses épaules.

Il raconte les heurts entre Sissi et sa belle-mère, l’étiquette si pénible à supporter, et le dégoût de Vienne qui lui viendra très vite. C’est une fois que l’archiduchesse usera de son influence pour tenir Sissi à l’écart de l’éducation de ses propres enfants, que celle-ci commencera à adopter une attitude qui lui sera beaucoup reprochée par les Autrichiens: la fuite…

Fuite vers Malte et Corfou, quand l’impératrice devra se soigner d’une maladie qui avait tout l’air d’être psychosomatique, puis fuite vers Gödöllö en Hongrie, où elle pratiquera l’équitation à outrance, ou encore vers l’Angleterre et l’Irlande, où elle participera à de nombreuses chasses. Fuite aussi par son goût de la marche, des marches de plusieurs heures qui laisseront son entourage épuisé…

Ce que fuit Sissi, c’est la foule, les hommages, les gens de son rang en quelque sorte. Car si Sissi n’hésitait pas à aller réconforter les malades, les blessés ou même les fous qui la fascinaient, elle refusa par exemple d’aller prendre le thé à Osborne House, dans l’Île de Wight, chez la reine Victoria.

Sissi, une impératrice rebelle, qui ironie suprême, finit assassinée par un anarchiste voulant anéantir les icônes du pouvoir. Or Sissi, à la fin de sa vie, retirée de la vie publique, ne représentait pas du tout cela, mais plutôt, une femme que le destin n’a pas épargnée tout au long de sa vie, puisqu’elle a perdu beaucoup d’êtres chers: une fille, Sophie, en bas âge, un beau-frère, Maximilien, assassiné au Mexique, son cousin Louis II de Bavière, si semblable à elle, son fils Rodolphe, héritier du trône, mais aussi sa soeur Hélène, ou encore son ami le hongrois Andrassy…

Sissi, les forces du destin, d’Hortense Dufour, dont j’ai fait la critique il y bientôt un an, donnait l’impression que la vie de l’impératrice était un véritable tourbillon. Le livre de Jean Des Cars est en revanche beaucoup plus sobre. Contrairement à Dufour, Jean Des Cars n’essaie pas de se mettre dans la tête de Sissi et présente les évènements de manière certainement plus objective. Sissi ou la fatalité est finalement autant l’histoire de Sissi que celle de François-Joseph ou encore celle de l’empire des Habsbourgs à l’époque de Sissi. Personnellement j’ai préféré le côté romanesque et enjoué de la biographie de Dufour. En comparaison, j’ai trouvé la version de la vie de Sissi par Jean Des Cars un peu terne…

Note: 3,5/5

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