Bernard Werber, L’Ultime Secret
L’Ultime Secret réunit Lucrèce Nemrod et Isidore Katzenberg, deux journalistes qui avaient collaboré afin de remonter aux sources de l’humanité dans Les Pères de nos Pères.
Isidore fait appel à Lucrèce, qu’il n’a pas vu depuis trois ans, pour l’aider à résoudre le mystère de la mort d’un célèbre neurochirurgien, Samuel Fincher, mort pendant qu’il faisait l’amour à sa compagne, Natacha Andersen, un mannequin célèbre. Pensant que, malgré les apparences, il y quelque chose de peu naturel derrière cette mort, Isidore convainc Lucrèce de l’accompagner à Nice, afin d’enquêter dans l’entourage de Fincher.
Bientôt, l’enquête les guide dans un hôpital psychiatrique isolé sur l’une des îles de Lérins et réputé pour ses méthodes révolutionnaires. Ils empruntent une route qui les conduira dans les méandres du cerveau jusqu’à l’Ultime Secret, en passant par un club d’épicuriens et en revisitant le mythe d’Ulysse. En toile de fond se dessine une réflexion sur l’évolution de la pensée humaine et de la pensée artificielle, ainsi qu’une étude des motivations de l’être humain.
L’Ultime Secret est un thriller scientifique intéressant qui impressionnerait un peu plus s’il ne venait pas derrière une longue série de livres dont les idées sont recyclées, parfois de manière masquée, parfois ouvertement (Werber abuse du copier-coller). Ces idées sont amusantes, parfois nouvelles (a la première lecture), certaines anecdotes sont intéressantes, basées sur la science et plus précisément sur l’étude des comportements. Les trois tomes des Fourmies formaient une trilogie passionnante, l’originalité des Thanatonautes qui faisait de la mort une nouveau domaine d’exploration était rafraîchissante, Les Pères de Nos Pères présentait une théorie amusante sur le chaînon manquant de l’évolution. C’est quand Werber a sorti L’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu que ça a commencé à se gâter: il s’agit d’un rassemblement des idées "philosophiques" déjà exposées dans ses romans précédents et qu’il a l’aplomb de nous resservir encore dans les livres qui l’ont suivie… Avec cela, dans L’Ultime Secret, il affiche souvent une attitude paternaliste à l’égard du lecteur et on perçoit parfois une misogynie sous-jacente…
Voici une nouvelle idée pour L’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu: Le prix de vente d’un livre devrait être proportionnel au nombre de nouvelles idées que l’auteur présente. Un livre qui recyclerait des idées déjà exprimées ailleurs ne rapporterait rien à son auteur. Ainsi, attiré par l’appât du gain, l’auteur se donnerait de la peine pour innover, il serait motivé. Son cerveau mobiliserait toutes ses ressources afin de devenir créatif…
Allez, un 3/5 malgré tout pour L’Ultime Secret: on ne s’ennuie pas à sa lecture, il faut bien l’admettre, et on en retire quelques informations intéressantes. Je ne sais pas cependant si je lirais le prochain Werber, à moins qu’il ne se décide à changer de rengaine…
Note: 3/5
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