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	<title>Parlons Bouquins</title>
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	<description>Le blog des critiques littéraires</description>
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		<title>Kjell Eriksson, Le Cri de l&#8217;engoulevent</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 09:13:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Policier/Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Eriksson Kjell]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Cri de l’engoulevent, polar du suédois Kjell Eriksson, est la quatrième enquête du commissaire Ann Lindell. Ann a une vie plutôt compliquée : à peine vient-elle de reprendre le travail après son congé de maternité, que déjà son collègue Ola, avec qui elle a failli avoir une aventure, ne peut cacher son attirance pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2847201777" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe><i>Le Cri de l’engoulevent</i>, polar du suédois Kjell Eriksson, est la quatrième enquête du commissaire Ann Lindell. Ann a une vie plutôt compliquée : à peine vient-elle de reprendre le travail après son congé de maternité, que déjà son collègue Ola, avec qui elle a failli avoir une aventure, ne peut cacher son attirance pour elle. Mais c’est son amour passé, Edvard, un homme solitaire, qui possède encore son cœur. Quand il lui propose sur un coup de tête de l’accompagner en Thaïlande, Ann est tentée…
<p>Mais dans la ville d’Uppsala, la situation est grave, et Ann n’a pas le temps de songer à la bagatelle. Un groupe de jeunes vandales pas encore identifié a cassé des vitrines. Dans l’une des boutiques saccagées, un jeune suédois est retrouvé mort. Peu de temps après, le centre de réfugiés brûle, causant trois victimes. Serait-ce en représailles aux actes de vandalisme ? La police est sur le qui-vive, et plusieurs pistes s’offrent à elle. Lorsque le jeune homme est identifié, les soupçons se portent sur son rival amoureux, et les policiers espèrent qu’en effet, il a été tué par celui-ci et que le crime n’est pas le fait d’un étranger, les tensions raciales dans la ville ayant déjà atteint leur paroxysme. D’après des témoins, tout porte à croire que l’auteur de l’incendie criminel est un homme à queue de cheval circulant à vélo, et qui ferait partie d’un groupe néo-nazi…</p>
<p>En parallèle, nous suivons le personnage d’Ali, jeune homme sympathique mais qui nage en eaux troubles. Doit-il se considérer comme suédois, lui qui vit et étudie en Suède, ou comme iranien, comme son grand-père, l’homme qu’il admire le plus au monde, et qui lui raconte souvent leur passé chargé et les morts de la famille ? Ali ne sait pas ce qu’il fera de sa vie et n’est pas très assidu à l’école, mais il a un bon fond. Il ne veut pas se créer d’ennuis, comme son cousin Mehrdad qui les attire constamment. Pourtant, cette nuit-là, Ali, en compagnie de son cousin, a été le témoin d’un meurtre, et maintenant, il a peur…</p>
<p><i>Le Cri de l’engoulevent</i> nous entraîne dans une histoire bien rythmée qui sait nous captiver dès la première page et nous tenir en haleine jusqu’au dénouement. Chaque chapitre se focalise sur un personnage et une partie différente de l’enquête, si bien que le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Derrière l’enquête policière, Kjell Eriksson révèle les dérives de la société suédoise : les tensions qui montent entre les différents groupes ethniques, le racisme et l’intolérance en action… Le personnage d’Ali, oscillant entre désir d’intégration et nostalgie du pays, résume à lui seul le désarroi des populations immigrées. Kjell Eriksson, écrivain de polars sociaux engagés, est un digne héritier d’Henning Mankell. Son personnage principal, Ann Lindell, change des inspecteurs bougons et alcooliques dont on a l’habitude et met un peu de fraîcheur et de féminité dans un milieu où les préjugés machistes ont la vie dure…</p>
<p>Ce livre a été chroniqué dans le cadre d’un partenariat avec <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/" target="_blank">Chroniquesdelarentreelitteraire.com</a> et <a href="http://fr.ulike.net/" target="_blank">Ulike</a>&#160;</p>
<h2>Note: 3/5</h2>
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		<title>Lisa Scottoline, Intime ressemblance</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 18:51:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Policier/Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Scottoline Lisa]]></category>

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		<description><![CDATA[Ellen Gleason est journaliste à Philadelphia. Elle est aussi la mère d’un charmant petit garçon de trois ans, Will, qu’elle a adopté deux ans auparavant, alors qu’il luttait dans un lit d’hôpital contre une maladie cardiaque. À présent en bonne santé, Will est le centre de la vie d’Ellen. Un jour, elle aperçoit sur une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2810003548" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>Ellen Gleason est journaliste à Philadelphia. Elle est aussi la mère d’un charmant petit garçon de trois ans, Will, qu’elle a adopté deux ans auparavant, alors qu’il luttait dans un lit d’hôpital contre une maladie cardiaque. À présent en bonne santé, Will est le centre de la vie d’Ellen. Un jour, elle aperçoit sur une annonce à propos d’un enfant disparu à Miami et recherché depuis par ses parents. En voyant la photo de l’enfant vieilli par des experts et un logiciel informatique, elle reçoit un gros choc: il est le sosie de son fils Will. Incapable d’étouffer ses soupçons naissants et de faire comme si de rien n’était, Ellen décide de mener son enquête, mettant en péril son emploi, son équilibre, et peut-être même sa famille…
<p><em>Intime ressemblance</em> est un thriller efficace, qui compense la linéarité de son intrigue par un suspense bien soutenu. Pas de réelle surprise dans le déroulement de l’action, et on voit venir le seul retournement de situation d’assez loin. Mais malgré tout, l’intérêt ne faiblit pas à la lecture de ce pavé de plus de 500 pages qui se lit très rapidement, et on est entraîné par le rythme effréné de l’enquête que mène cette mère aux abois, avec qui on n’a aucun mal à compatir. </p>
<p><em>Intime ressemblance</em> est un bon roman à suspense qui aborde un problème de dilemme moral autour de la question du droit parental.</p>
<h2>Note: 3,5/5</h2>
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		<title>Patrick Cauvin: la mort d&#8217;un grand &#233;crivain</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Aug 2010 09:22:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[À propos des livres et de la lecture]]></category>
		<category><![CDATA[Cauvin Patrick]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Patrick Cauvin est mort vendredi passé, à l’âge de 77 ans… J’ai&#160; découvert Patrick Cauvin en 1987, lorsqu’on m’a offert Povchéri, et je me souviens avoir beaucoup ri des mésaventures du jeune héros. Peu de temps après, j’ai dévoré le terrifiant Haute-Pierre. Et ensuite, beaucoup d’autres de ses romans ont suivi… Je me revois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&#160;</p>
<p><a href="http://parlons-bouquins.com/wp-content/uploads/2010/08/diapo11.jpg"><img style="border-bottom: 0px; border-left: 0px; display: inline; margin-left: 0px; border-top: 0px; margin-right: 0px; border-right: 0px" title="diapo-1" border="0" alt="diapo-1" align="left" src="http://parlons-bouquins.com/wp-content/uploads/2010/08/diapo1_thumb1.jpg" width="190" height="140" /></a>Patrick Cauvin est mort vendredi passé, à l’âge de 77 ans… </p>
<p>J’ai&#160; découvert Patrick Cauvin en 1987, lorsqu’on m’a offert <em>Povchéri</em>, et je me souviens avoir beaucoup ri des mésaventures du jeune héros. Peu de temps après, j’ai dévoré le terrifiant <em>Haute-Pierre</em>. Et ensuite, beaucoup d’autres de ses romans ont suivi… Je me revois sortir de la librairie avec une énorme pile de livres de poche: en vrac, <em>E=MC2 Mon amour</em>,<em> L’Amour aveugle</em>,<em> Laura Brams</em>, <em>Nous allions vers les beaux jours</em>, <em>Huit jours en été</em>, etc. C’était la première fois que j’achetais autant de livres à la fois, et aussi sans doute l’une des premières fois que je faisais mes propres choix littéraires, en dehors des romans sortis de la bibliothèque de mes parents et des livres à lire “pour&#160; l’école”. Plus de vingt ans après, je me souviens encore de ce jour ensoleillé, de cette pile de livres de poche sous mon bras, et de la perspective des deux mois de vacances scolaires: un été sans fin, de rencontres et de voyages, par papier imprimé interposé…</p>
<p>Et puis, le temps a passé… J’ai fait des études de Lettres, et j’ai appris à mépriser la littérature populaire et à choisir les auteurs avec plus de discernement, pour leur originalité narrative et&#160; le sérieux des thèmes abordés. J’ai découvert Georges Perec, Italo Calvino, James Joyce&#8230; Et les romans “de gare” sont restés réservés à mes voyages en train, un livre dont on dit un peu honteusement: “ je le lis parce que je ne pourrais pas me concentrer sur autre chose” ( sous-entendu: “de plus sérieux”).</p>
<p>Malgré tout, durant toutes ces années,&#160; je n’ai jamais totalement cessé de lire Patrick Cauvin, et n’ai jamais cessé de l’apprécier. Le temps passant, je suis réconciliée avec la littérature dite populaire que j’assume maintenant (presque) totalement. Récemment, j’ai lu<em> </em><a href="http://parlons-bouquins.com/?p=143"><em>Les Pantoufles du samouraï</em></a> et retrouvé l’humour incomparable de l’auteur, son style “ qui coule”, et ses histoires qui accrochent immédiatement le lecteur. Alors Patrick Cauvin, auteur de romans populaires? Certainement, mais on peut dire ce qu’on veut, il reste l’un des auteurs qui m’a donné le goût de lire… et celui d’écrire. </p>
<p>Patrick Cauvin était un auteur populaire certes, mais c’était aussi un grand écrivain…</p>
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		<title>Cilette Ofaire, Sylvie Velsey</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 18:33:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature Suisse]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature classique]]></category>
		<category><![CDATA[Ofaire Cilette]]></category>

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		<description><![CDATA[Sylvie Velsey, publié chez Plaisir de Lire, évoque la vie d’une femme, très proche de celle de Cilette Ofaire, une vie narrée chronologiquement mais pas en continu, par petites scènes, parfois séparées de plusieurs années, qui forment néanmoins un tout cohérent. C’est d’abord l’enfance de Sylvie qui est évoquée. Une absence marquée par la mort [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.plaisirdelire.ch/?page_id=590" target="_blank"><em><img style="border-right-width: 0px; display: inline; border-top-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin-left: 0px; border-left-width: 0px; margin-right: 0px" title="sylvievelsey" border="0" alt="sylvievelsey" align="left" src="http://parlons-bouquins.com/wp-content/uploads/2010/08/sylvievelsey1.jpg" width="102" height="156" /></em></a><em> Sylvie Velsey</em>, publié chez <a href="http://www.plaisirdelire.ch/" target="_blank">Plaisir de Lire</a><em>,</em> évoque la vie d’une femme, très proche de celle de Cilette Ofaire, une vie narrée chronologiquement mais pas en continu, par petites scènes, parfois séparées de plusieurs années, qui forment néanmoins un tout cohérent.</p>
<p>C’est d’abord l’enfance de Sylvie qui est évoquée. Une absence marquée par la mort prématurée de la mère et surtout par la présence d’une belle-mère qui la déteste et la maltraite, et par un père que Sylvie adore, mais qui trop souvent, sans doute soucieux de ne pas se mettre sa femme à dos, ne prend pas son parti. La souffrance est tellement intense que Sylvie songe à se suicider, de mettre un terme, à l’âge de sept ans, à sa courte vie. C’est la certitude de sentir la présence de sa mère dans une étoile qui l’en dissuade finalement.</p>
<p>De cette enfance malheureuse, Sylvie gardera toute sa vie la certitude de la solitude des êtres, et une petite estime d’elle-même, qui la conduira à supporter pendant vingt ans un mariage qui détruit peu à peu le peu de confiance qu’elle a en elle-même. Car <em>Sylvie Velsey</em>, ce n’est pas l’histoire de la vie de Cilette Ofaire, qui heureusement continue après le départ de son mari, mais c’est l’histoire de son mariage à Charles Hofer. Si cette histoire prend ses racines dans l’enfance et se termine après la rupture, c’est pour mieux expliquer la personnalité de celle qui accepte durant des années “des hontes et des désespoirs”.</p>
<p>Sylvie épouse Velsey qui très peu de temps après s’engage dans l’armée pendant la première guerre mondiale, estimant qu’ “on ne peut pas rester ici et être simplement heureux”. Quand elle tente de protester, il lui reproche “le frein qu’elle mettrait à sa liberté” si elle l’en empêchait. Et Sylvie reste seule à Paris, dans une misère financière telle qu’elle l’oblige à tricoter des chaussettes pour les vendre et gagner quelques sous, tout en prenant le métro toute la journée car il fait trop froid dans son appartement. Mais Sylvie accepte cette situation et celle qui va s’instaurer après la guerre, une relation peu équitable, que Sylvie va néanmoins supporter, par loyauté. Sylvie travaille, et met de côté ses ambitions d’artiste pour que Velsey, lui, réussisse en tant que peintre. Pourtant, l’inspiration ne vient pas mais elle croit en lui. Elle ferme les yeux sur ses multiples conquêtes féminines qu’elle met sur le compte de ses besoins d’artiste et sur son charme:</p>
<blockquote><p>Mais elle ne lui en voulait pas. Il était un grand artiste et il avait besoin de vie.</p>
</blockquote>
<p>Pourtant, elle n’est pas complètement aveuglée par l’amour et a bien su cerner les défauts de son époux, et elle ne se fait aucune illusion sur son mariage:</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">Mais c’est une erreur de croire que tous les êtres sont pareils. Il faut toujours se rappeler que les autres sont différents et qu’ils ne peuvent pas agir comme on croit qu’on le ferait si on était à leur place. Ça aussi c’est difficile, car on est souvent étonné, et si on ne comprenait pas, ou enfin, si on avait l’air de ne pas pouvoir comprendre, on serait traité de bourgeois ou de moralisateur. Il faut toujours être d’accord et trouver que c’est très bien si on veut être tranquille et former un ménage heureux.</font></p>
</blockquote>
<p>En effet Sylvie n’est pas comme ces femmes qui se voilent la face. Ou si elle se la voile, c’est volontairement, car elle a finement analysé les défauts et les manquements de Velsey. Ainsi, elle a compris la futilité des discussions auxquelles Velsey prend part avec d’autres artistes et intellectuels (pour lesquels elle doit préparer le repas, après avoir travaillé toute la journée):</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">Tout tombait. Les gens tombaient. Ils commençaient par parler, ils parlaient et ils parlaient et, à la fin ils tombaient, comme un nuage d’éphémères qui danse, danse et disparaît. Ils étaient trop intelligents et leurs idées étaient trop belles. Elles montaient, s’entrecroisaient, et s’élançaient comme des flammes. Ils ne pouvaient pas les suivre, et ainsi elles retombaient. Son mari y croyait toujours et il alimentait les flammes. Puis il les voyait retomber et il retombait plus bas qu’elles. Sylvie devait le ramasser.</font></p>
</blockquote>
<p>Sylvie préfère les hommes d’action aux hommes de paroles. Et à ceux qui sont “quelqu’un” et qui se pavanent dans la vie avec cette certitude, elle préfère les “graines de rien”, comme ce jeune homme, rencontré avant Velsey, et qui mourra prématurément dans un accident de montagne.&#160; Ainsi, sa vie est faite d’occasions manquées, d’hommes sensibles à son charme et prêts à tout pour elle, comme Daniel, qui veille sur elle pendant toute la durée de la guerre, ou encore Michele, dont elle tombe amoureuse, et qui s’occupe d’elle, dans le train, alors qu’elle est aux prises avec une atroce migraine et qu’il ne la connaît même pas. Mais Sylvie ne quittera pas Velsey pour Michele qui le lui demande, car elle qui n’a pas eu d’enfant (tout comme Cilette Ofaire), ne l’aime pas comme un mari “mais plutôt comme un enfant duquel [elle] étai[t] responsable et qu[‘elle] devai[t] aider.”</p>
<p>Peut-être aussi que sa volonté de rester est due en partie à cette faible estime de soi, héritée de l’enfance, à sa façon de toujours se dénigrer: elle se décrit volontiers aux autres comme laide, quand elle mentionne son intelligence, c’est pour rajouter aussitôt “combien limitée”, et elle minimise également son talent d’artiste, surtout quand elle le compare à celui de Velsey. Elle se montre étonnée quand on l’admire:</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">Car la belle comtesse Ella lui avait dit qu’elle l’admirait – oui, qu’elle admirait Sylvie, cette Sylvie qui n’était rien.</font></p>
</blockquote>
<p>C’est finalement quand Velsey la quittera que Sylvie sera libre, libre de se tourner vers l’avenir, et pas plus seule qu’avant, car finalement, la solitude est le lot de chacun, qu’il soit en couple ou pas. Cette idée, que l’individu est fondamentalement seul, même si son chemin&#160; (elle parle des “sentiers enchevêtrés”, titre du dernier chapitre) croise celui des autres parfois, on la retrouvera dans <em><a href="http://parlons-bouquins.com/?p=292">Chemins</a></em>, et elle apparaît dans le dernier chapitre de <em>Sylvie Velsey</em>:</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">car chaque être va seul (seul, désespérément, – seul, magnifiquement) à sa destinée inconnue.</font></p>
</blockquote>
<p>Malgré tout, Sylvie croit à l’importance des rencontres, aux empreintes qu’elles laissent, et à la solidarité des êtres:</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">Et maintenant, elle songeait à tous les humains qui s’entraident, à tous ceux qui, sur la terre, essaient d’être libres et bons.</font></p>
</blockquote>
<p>Comme dans <em>Chemins</em>, l’écriture de Cilette Ofaire est précise, belle, empreinte de poésie et jalonnée de nombreuses métaphores maritimes:</p>
<blockquote><p><font color="#555555" face="Arial">car un flot de douces pensées l’envahissait comme un port dans lequel la marée rentre et redresse tous les bateaux qui s’y étaient échoués.</font></p>
</blockquote>
<p>Pourtant, là encore, tout comme dans <em>Chemins,</em> point de références à sa vie de navigatrice, qui a pourtant occupé de nombreuses années de la vie de Cilette Ofaire (avec Charles/Velsey sur le San Luca), mais qui représente peut-être une parenthèse dans la misère de sa vie conjugale, puisque pour une fois, Charles peignait et n’avait sûrement pas le loisir de courir les femmes…</p>
<p>Ces années-là ont fait ou feront l’objet de deux autres romans, l’un écrit avant <em>Sylvie Velsey</em> (<em>Le San Luca</em>, 1934) et l’autre après (<em>L’Ismé</em>, 1940), comme si l’auteur avait découpé sa vie en diverses périodes sans liens immédiatement apparents pour le lecteur, mais toutes riches en rencontres et expériences, un peu comme si elle avait vécu plusieurs vies en une seule…</p>
<h2>Note: 4,5/5</h2>
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		<title>Tana French, Comme deux gouttes d&#8217;eau</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 15:45:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Policier/Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[French Tana]]></category>

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		<description><![CDATA[L’inspecteur Cassie Maddox travaille aux violences domestiques après une expérience mal vécue à la brigade criminelle (probablement racontée dans le roman précédent de Tana French, La Mort dans les bois). Avant cela, elle avait travaillé comme infiltrée pour débusquer un réseau de trafic de drogue dans le milieu estudiantin dublinois. Pour cela, on lui avait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=275781933X" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>
<p>L’inspecteur Cassie Maddox travaille aux violences domestiques après une expérience mal vécue à la brigade criminelle (probablement racontée dans le roman précédent de Tana French, <em>La Mort dans les bois</em>). Avant cela, elle avait travaillé comme infiltrée pour débusquer un réseau de trafic de drogue dans le milieu estudiantin dublinois. Pour cela, on lui avait créé une identité, Alexandra Madison, dont elle s’était défaite à la fin de son enquête, qui s’était achevée avec l’inspecteur blessée, évacuée et exfiltrée d’urgence&#8230;</p>
<p>Quelques années plus tard, Cassie Maddox est appelée sur une scène de crime: une jeune femme est morte assassinée dans la campagne aux alentours de Dublin. Elle ressemble à Cassie trait pour trait, et fait encore plus troublant, a sur elle des papiers d’identités au nom de l’inexistante Alexandra Madison. Cassie Maddox est d’abord furieuse que cette femme qui est son sosie parfait ait endossée une identité créée pour elle, mais la curiosité prend ensuite le pas, puis une certaine sympathie pour cette femme qui ne lui ressemblait pas que physiquement…</p>
<p>Quand Cassie accepte de réendosser l’identité de Lexie Madison, c’est pour s’infiltrer parmi ses amis, quatre étudiants de Trinity College qui formaient, avec Lexie, une sorte de “club des cinq” très fermé, que personne ne pouvait aborder tant ils se tenaient à l’écart des autres. Ils vivaient tous en apparente harmonie, dans la demeure de Whitethorn House, héritée par l’un d’eux. Cassie doit reprendre sa place parmi eux et essayer de trouver lequel d’entre eux, ou qui à l’extérieur, pouvait en vouloir suffisamment à Lexie pour l’assassiner…</p>
<p>Si <em>Comme deux gouttes d’eau</em> démarre avec une première phrase qui est un clin d’oeil à <em>Rebecca</em> de Daphné du Maurier, il évoque ensuite par beaucoup d’aspects deux joyaux de la littérature policière contemporaine: <em>L’été de Trapellune (<a href="http://www.discussing-books.com/?p=287">A Fatal Inversion</a></em> cf. Discussing Books) de Ruth Rendell et <a href="http://parlons-bouquins.com/?p=216"><em>Le Maître des illusions</em></a> de Donna Tartt. Tana French aurait, je le pense, du mal à renier ces deux influences tant elles sont présentes à tous les niveaux de l’histoire. On ne peut pas les lui reprocher, elles soulignent simplement son goût excellent en matière de littérature policière. Cependant, French ne mérite peut-être pas d’aussi bonnes critiques que les deux romancières mentionnés, parce que, si elle a créé grâce à ces inspirations un roman bien à elle, une atmosphère tout aussi passionnante que dans ces deux romans-là, elle ne les a pas non plus surpassés et n’a rien amené de réellement nouveau. Ces réserves étant faites, j’ai adoré l’ambiance d’huis-clos, cette atmosphère oscillant entre impression “cosy” d’intimité et suspense, avec cette inquiétude sous-jacente qui s’immisce dans le texte à mesure que progressent les découvertes de Cassie. J’ai depuis quelque temps sur mes étagères <em>In the Woods</em>, la version anglaise du roman de Tana French précédant celui-ci, et n’avais encore pu me résoudre à l’attaquer. La lecture de <em>Comme deux gouttes d’eau</em> m’a donnée l’envie de savoir pourquoi Cassie avait abandonné la brigade criminelle et pourquoi elle s’est fâchée avec son meilleur ami Rob, à peine mentionné dans ce roman… La lecture de <em>In the Woods</em> ne devrait donc pas trop se faire attendre…</p>
<p>Du bon polar psychologique, pour les amateurs de Ruth Rendell et de Donna Tartt…</p>
<h2>Note: 4/5</h2>
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		<title>Natsum&#233; S&#244;seki, Le Voyageur</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Jul 2010 18:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sôseki Natsumé]]></category>

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		<description><![CDATA[Parfois mes “aptitudes” en tant que critique (amateur, ne l’oublions pas) rencontrent leurs limites. Le Voyageur, de Natsumé Sôseki, me met face à ces limites. Je me suis frottée à la littérature japonaise avant&#160; (Haruki Murakami, Yukio Mishima, Shusaku Endo ou encore Taichi Yamada, pour ne nommer qu’eux), et l’on peut même dire que j’aime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2869307683" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>Parfois mes “aptitudes” en tant que critique (amateur, ne l’oublions pas) rencontrent leurs limites. <em>Le Voyageur</em>, de Natsumé Sôseki, me met face à ces limites. Je me suis frottée à la littérature japonaise avant&#160; (Haruki Murakami, Yukio Mishima, Shusaku Endo ou encore Taichi Yamada, pour ne nommer qu’eux), et l’on peut même dire que j’aime beaucoup la littérature japonaise, y compris le polar nippon, que je viens de découvrir récemment, et dont je compte creuser le filon…
<p>Mais quand on parle de Natsumé Sôseki, il s’agit, non d’un auteur contemporain ou plus ou moins contemporain, comme tous ceux que j’ai côtoyés jusque-là, mais d’un auteur qui a vécu de 1867 à 1916, pendant l’ère Meiji, qui représente l’ère où le Japon a commencé à évoluer vers la modernité. Je ne donne pas ces quelques renseignements pour étaler ma culture. Au contraire, j’avoue avoir lu le livre en toute ignorance de l’époque à laquelle il avait été écrit, et le Japon étant ce qu’il est (un mélange de traditions et de modernisme), et mes préjugés sur le Japon ce qu’ils sont, bref, j’ai lu ce roman persuadée qu’il se passait, peut-être pas maintenant, mais allez, disons dans les années soixante, sans que rien dans le fil de la lecture ne m’alerte de mon erreur…</p>
<p>Ce qui m’empêche de donner de ce roman une critique digne de ce nom, c’est justement ce décalage culturel entre le Japon et l’Europe, qui je pense, s’est beaucoup estompé depuis l’ère Meiji, si j’en crois les romans plus modernes que j’ai lus (car je n’ai pas encore eu la chance de visiter l’empire du soleil levant)…</p>
<p>L’histoire est celle d’un jeune homme, Jirô, qui a prévu de partir en randonnée avec un ami. Mais cet ami est à l’hôpital, souffrant de l’estomac, et Jirô prolonge son séjour chez une relation de la famille, Okada, un homme qui se sent redevable envers sa famille car il a séjourné chez eux pendant ses études. Okada s’est mis en quête d’un mari convenable pour Osada, une jeune femme qui semble être la protégée de la famille de Jirô et dont ils aimeraient bien se “décharger” en la mariant. Après s’être assuré que l’homme choisi par Okada est un parti acceptable, il passe quelque temps à Osaka avec sa mère, son frère et sa belle-soeur&#160; venus de Tokyo le rejoindre. On se rend vite compte que les relations entre le frère de Jirô et sa femme ne sont pas au beau fixe, et ce dernier se met en tête qu’il existe des sentiments entre sa femme et Jirô. Après ce voyage, les relations entre les deux frères se dégradent au point que Jirô se sent contraint de quitter la maison familiale…</p>
<p>Je ne souhaite pas raconter ici toute l’histoire, mais insister sur la complexité des sentiments exprimés (ou non!) par les protagonistes, sentiments tels que l’envie, la jalousie, le regret, etc. Si au Japon, certains sentiments ne s’expriment pas devant autrui, ceci se traduit dans ce roman par des conversations que ma sensibilité d’européenne me pousserait presque à qualifier de surréalistes, tant elles tournent autour du pot, sans jamais aborder le sujet de front. Je ne peux pas dire que je me suis ennuyée. Au contraire, ce roman se lit facilement, et les chapitres, courts, se succèdent avec aisance si bien qu’on suit le flot de la narration sans peine, mais je me retrouve à l’issue de ce roman avec beaucoup d’incertitudes quant au sort des personnages et sur leurs sentiments réels, et donc avec un goût d’inachevé…</p>
<h2>Note: 3/5</h2>
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		<title>Michael Palmer, Le dernier &#233;chantillon</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Jul 2010 05:51:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Policier/Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Palmer Michael]]></category>

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		<description><![CDATA[Nathalie Reyes est une ancienne athlète, et étudiante en médecine de 35 ans. Son caractère trop emporté lui vaut une réprimande et la remise en cause de son internat. Lors d’un voyage au Brésil, où elle doit participer à une conférence, elle se fait enlever par son chauffeur de taxi, et est retrouvée entre la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2246745314" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>Nathalie Reyes est une ancienne athlète, et étudiante en médecine de 35 ans. Son caractère trop emporté lui vaut une réprimande et la remise en cause de son internat. Lors d’un voyage au Brésil, où elle doit participer à une conférence, elle se fait enlever par son chauffeur de taxi, et est retrouvée entre la vie et la mort sur un tas d’ordures, dans une favela de Rio…
<p>Ben Callahan, détective privé de Chicago doté d’une conscience, se remet en question professionnellement parce qu’il en a assez d’épier les époux infidèles. Il reçoit alors une mission bien différente de ce qu’on lui demande en général: il s’agit de mener l’enquête sur un jeune homme inconnu, écrasé par un camion, et dont le corps présente des traces d’une intervention médicale récente. Malgré la faible rémunération, Ben accepte l’enquête…</p>
<p>Joe Anson travaille au Cameroun. Il vient de mettre au point un médicament qui devrait permettre de sauver beaucoup de malades. Mais il souffre d’une grave affection pulmonaire, qui le condamne à courte échéance à moins d’une greffe. Anson n’est pas prêt à se soumettre à cette opération et veut poursuivre ses recherches…</p>
<p>Ces trois personnages, qu’apparemment rien ne relie, vont voir leurs destins converger autour d’une conspiration au niveau planétaire, organisée par des gens de pouvoir qui se croient investis d’une terrifiante mission. Le sujet&#160; n’a rien d’original, il a été traité de nombreuses fois dans les thrillers médicaux. Cependant, l’angle d’approche est intéressant et ce roman bien rythmé se lit facilement, même s’il ne restera sûrement pas gravé dans les esprits…</p>
<h2>Note: 3,5/5</h2>
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		<title>Keigo Higashino, La Maison o&#249; je suis mort autrefois</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jul 2010 05:43:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Roman Policier/Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Higashino Keigo]]></category>

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		<description><![CDATA[Le narrateur de cette histoire retrouve celle qu’il aimait pendant les années de lycée et d’université, Sayaka. Dépressive, mariée à un homme d’affaires toujours absent, elle a une petite fille de trois ans qu’elle maltraite sans savoir d’où lui viennent de telles pulsions. Elle fait appel à son ancien petit ami pour l’aider à résoudre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2742789510" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>Le narrateur de cette histoire retrouve celle qu’il aimait pendant les années de lycée et d’université, Sayaka. Dépressive, mariée à un homme d’affaires toujours absent, elle a une petite fille de trois ans qu’elle maltraite sans savoir d’où lui viennent de telles pulsions. Elle fait appel à son ancien petit ami pour l’aider à résoudre un mystère associé à sa jeunesse: pourquoi elle n’a aucun souvenir des premières années de sa vie. L’indice sur lequel elle compte pour retrouver la mémoire: une clé qu’à laissé son père, et un plan…
<p>Suivant les indications du plan, Sayaka et le narrateur trouvent une demeure étrange. On ne peut y pénétrer que par la cave, la porte d’entrée étant condamnée, et la maison elle-même dégage une atmosphère qui met les deux intrus mal à l’aise. Les choses ont été laissées comme si on venait de les utiliser, mais pourtant, tout ce qui est là remonte à une vingtaine d’années. Toutes les horloges ont été arrêtées à onze heures dix. La poussière indique quelqu’un venait faire le ménage pendant un certain temps mais a arrêté de venir depuis quelques années. Un journal trouvé dans une chambre de garçon commence à laisser entrevoir aux deux intrus les événements tragiques qui se sont déroulés dans cette maison, mais il n’est que le début des révélations&#8230; Sayaka et son ami vont aller de découverte en découverte macabre, mettant à jour la lugubre histoire des habitants et de quelle manière Sayaka est mêlée à tout ça…</p>
<p><em>La Maison où je suis mort autrefois</em> est un polar nippon d’un genre original, qui repose sur la mise à jour progressive d’événements tragiques du passé. L’ambiance de la maison et du roman lui-même est assez oppressante, mais malgré la violence derrière les faits racontés, il ne repose absolument pas sur des descriptions gore pour exprimer la violence (à la différence du choquant mais excellent <a href="http://parlons-bouquins.com/?p=136">Out</a> de Natsuo Kirino), mais est, au contraire, tout en retenue. Il présente aussi une réflexion sur qui nous sommes, la fragilité de ce qui nous enracine et la réalisation que “chacun est irrémédiablement seul”. </p>
<p><em>La Maison où je suis mort</em> autrefois est un roman captivant où l’étrange côtoie la banalité du fait divers, dans un crescendo angoissant…</p>
<h2>Note: 4/5</h2>
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		<title>Didier Van Cauwelaert, La Maison des lumi&#232;res</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 12:23:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Van Cauwelaert Didier]]></category>

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		<description><![CDATA[Jérémie Rex, ancien enfant star, boulanger sans boulangerie, erre dans Venise, pleurant Candice, qu’il aime depuis l’enfance mais qui ne lui retourne plus sa flamme. Dans un musée, devant l’Empire des lumières, de Magritte, Jérémie fait un malaise cardiaque pendant lequel il a l’impression d’entrer dans la maison du tableau. Il y est accueilli par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2226190791" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>
<p align="justify">Jérémie Rex, ancien enfant star, boulanger sans boulangerie, erre dans Venise, pleurant Candice, qu’il aime depuis l’enfance mais qui ne lui retourne plus sa flamme. Dans un musée, devant <em>l’Empire des lumières</em>, de Magritte, Jérémie fait un malaise cardiaque pendant lequel il a l’impression d’entrer dans la maison du tableau. Il y est accueilli par une mystérieuse Martha, et y voit un autre tableau, <em>La femme intérieure</em>. Il y retrouve ensuite Candice, et leur relation telle qu’elle était à son début.</p>
<p align="justify">Au réveil, il n’a qu’un désir: retourner dans le tableau. Il tente alors tout pour retrouver l’amour de sa vie: anesthésie, tentatives de simulation de NDE par envoi de fréquences dans les oreilles, chamanisme… Tous ces gens qui l’aident ne sont pas intéressés par son histoire d’amour avec Candice, mais juste à faire avancer leurs travaux personnels. Jérémie devra aller sonder les secrets du tableau de Magritte pour pouvoir résoudre les mystères de son étrange expérience…</p>
<p align="justify"><em>La Maison des lumières</em> part d’une bonne idée, celle de l’entrée du personnage dans un tableau. Si elle n’est pas complètement originale (elle a été exploitée entre autres dans <em>Rose Madder</em> de Stephen King), elle méritait cependant d’être traitée à nouveau. L’histoire du tableau caché dans le tableau et du personnage de Martha est intéressante, mais malheureusement elle occupe une bien petite proportion du roman. La plus grande partie de la narration se concentre sur l’histoire d’amour ô combien peu passionnante entre Jérémie et Candice, et sur des discussions “techniques” à propos des différentes façons de sortir de son corps, sujet dont on sent bien qu’il passionne l’auteur, et qui, en d’autres circonstances, ou exposé différemment, aurait pu présenter un certain intérêt, mais qui dans ce contexte m’a personnellement donné l’envie d’arriver le plus vite possible à la conclusion de ce roman (heureusement court), et de passer au suivant.</p>
<p align="justify">Non, décidément, <em>La Maison des lumières</em> ne m’a pas convaincue. Je me suis beaucoup ennuyée… J’avais préféré, et de loin, <em><a href="http://parlons-bouquins.com/?p=74">l’Evangile de Jimmy</a></em>, un roman beaucoup plus irrévérencieux et drôle…</p>
<h2>Note: 2,5/5</h2>
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		<title>Patrick Modiano, Un Pedigree</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 12:49:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie Javet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Récit autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Modiano Patrick]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans Un Pedigree, Patrick Modiano évoque son enfance et sa jeunesse avec détachement, en observateur presque impartial, avec une mise à distance des événements douloureux, et un ton narratif qui évite tout débordement d’émotion mais qui laisse entendre, dans les non-dits, les douleurs et les manques: “À part mon frère Rudy, sa mort, je crois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify"><iframe style="width: 120px; float: left; height: 240px" marginheight="0" src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=FFFFFF&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=discussingboo-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;asins=2070321029" frameborder="0" marginwidth="0" scrolling="no"></iframe>Dans <em>Un Pedigree</em>, Patrick Modiano évoque son enfance et sa jeunesse avec détachement, en observateur presque impartial, avec une mise à distance des événements douloureux, et un ton narratif qui évite tout débordement d’émotion mais qui laisse entendre, dans les non-dits, les douleurs et les manques: </p>
<p align="justify"><font color="#555555" face="Arial">“<em>À part mon frère Rudy, sa mort, je crois que rien de ce que je raconte ici ne me concerne en profondeur</em>.”</font></p>
<p align="justify">C’est à peu près tout ce qu’il dira de la mort de son frère cadet, mentionnée sobrement, en passant, mais dont on comprend par la phrase ci-dessus qu’elle est l’événement marquant de son enfance. Il écrit plus loin, pour justifier le ton neutre de son livre et le fait que, comme dans ses romans, beaucoup de mystères n’y sont pas élucidés (comme les affaires mystérieuses de son père, ses multiples identités, ou encore le sort de certaines personnes que ce dernier a fréquentées):</p>
<blockquote><p align="justify"><font color="#555555" face="Arial">Je n’ai rien à confesser ni à élucider et je n’éprouve aucun goût pour l’introspection et les examens de conscience. Au contraire, plus les choses demeuraient obscures et mystérieuses, plus je leur portais de l’intérêt.</font></p>
</blockquote>
<p align="justify">De la rencontre entre son père et sa mère, de leur union ratée (qu’il qualifie de “rencontre hasardeuse”) aboutissant à la naissance de deux enfants probablement pas désirés, en tout cas élevés comme deux étrangers et tenus à distance, Modiano tire une analyse amère. Mais ces gens qui se rencontrent par hasard, ces gens sans racines, sans attaches, comme ses parents, “deux papillons égarés et inconscients au milieu d’une ville sans regard” sont aussi ceux qui inspirent la plupart de ses personnages:</p>
<blockquote><p align="justify">Je suis un chien qui fait semblant d’avoir un pedigree. Ma mère et mon père ne se rattachent à aucun milieu bien défini. Si ballottés, si incertains que je dois bien m’efforcer de trouver quelques empreintes et quelques balises dans ce sable mouvant comme on s’efforce de remplir avec des lettres à moitié effacées une fiche d’état civil ou un questionnaire administratif.</p>
</blockquote>
<p align="justify">Son père, un homme impliqué dans des affaires louches et obscures et sa mère, actrice en quête de succès, peu intéressée par la maternité, ont toutes les caractéristiques des personnages de roman, ou plus précisément des personnages de romans de Modiano. La mère a des amis artistes, certains qui laisseront au petit Patrick des souvenirs agréables, ou en tout cas probablement des anecdotes à relater dans ses romans. Les amis de son père sont plus mystérieux, et on parfois trempé dans des scandales ou des histoires pas nettes. Il y a fort à parier qu’ils ont aussi alimenté l’imaginaire de Modiano…</p>
<p align="justify">Comme dans ses romans, Modiano s’interroge sur le destin de ces gens de passage, croisés par hasard, jamais revus, inconsistants par leur impact éphémère sur la vie de l’auteur, de ceux qu’il compare à des “voyageurs louches qui traversent les halls de gare sans [qu’il] sache jamais leur destination, à supposer qu’ils en aient une” ou encore, tant ils sont insubstantiels, périphériques,&#160; à des “fantômes”. On retrouve la curiosité de Modiano pour ces gens du passé, qui se résument à un nom, parfois à une adresse dans Paris,à&#160; un visage ou à une particularité physique, un trait de caractère que l’on a gardé en mémoire, quand tout le reste a disparu, et avec ça la fantaisie suivante, tout droit sortie d’un roman de science-fiction, et qu’on retrouve sans son dernier roman <em><a href="http://parlons-bouquins.com/?p=317">L’Horizon</a>:</em></p>
<blockquote><p align="justify"><font color="#555555" face="Arial">Peut-être tous ces gens, croisés au cours des années soixante, et que je n’ai plus jamais eu l’occasion de revoir, continuent-ils à vivre dans une sorte de monde parallèle, à l’abri du temps, avec leurs visages d’autrefois.</font></p>
</blockquote>
<p align="justify">Pendant cette jeunesse malheureuse de l’auteur, aucun de ses deux parents ne s’occupent jamais vraiment de lui et de son frère Rudy: il grandira dans les pensionnats dont il fugue régulièrement, dans l’atmosphère impersonnelle des dortoirs, loin de toute affection et attention. Il y fait quelques connaissances parmi, comme lui, “des enfants mal-aimés, des bâtards, des enfants perdus”, mais aucune amitié qui traverse le temps. Là encore, des rencontres de passage, parmi “une jeunesse souvent dorée, mais d’un or suspect, de mauvais alliage”. Son père n’intervient que pour le critiquer et lui exprimer son mécontentement, dans des lettres que l’auteur a gardées et reproduites. Quand il le voit, après la séparation d’avec sa mère, c’est en cachette de sa nouvelle femme, la “fausse Mylène Demongeot”, comme l’appelle Patrick Modiano. Sa mère n’éprouve qu’indifférence envers lui, ne lui apporte ni soutien, ni affection, mais lui soutire de l’argent lorsqu’il est jeune adulte, rappelant la mère indigne et racketteuse de Jean Bosmans, le narrateur de<em> L’Horizon</em>. Malgré tout, l’auteur tente de ne pas lui en garder rancune:</p>
<blockquote><p align="justify"><font color="#555555" face="Arial">Parfois, comme un chien sans pedigree et qui a été un peu trop livré à lui-même, j’éprouve la tentation puérile d’écrire noir sur blanc et en détail ce qu’elle m’a fait subir, à cause de sa dureté et de son inconséquence. Je me tais. Et je lui pardonne. Tout cela est désormais si lointain…</font></p>
</blockquote>
<p align="justify">Finalement, la seule consolation de cette enfance grise et solitaire, ce sont les livres, et même si l’auteur, dans son souci de ne pas s’épancher, ne les désigne pas spécifiquement comme tels, ce sont probablement à eux qu’il doit son salut. Preuve de leur importance, Modiano se souvient des lectures qui ont accompagné chaque période de son enfance et de sa jeunesse, et les évoque fidèlement. Il sera d’ailleurs renvoyé quelques jours d’un de ses pensionnats pour avoir lu <em>Le Blé en herbe</em>. Ou encore il obtiendra une “permission spéciale” pour lire <em>Madame Bovary</em>.</p>
<p align="justify">Malgré la distance que l’auteur s’est efforcé de maintenir et que certains lui reprochent, j’ai personnellement trouvé ce récit de jeunesse de l’auteur très émouvant, car ce qu’il ne dit pas transparaît assez facilement entre les lignes, et on imagine facilement la détresse de l’enfant abandonné et négligé, même si elle n’est pas ou peu verbalisée. Récit pudique, où pas un mot n’est superflu (mais c’est le cas de tous les textes de Modiano, fictifs ou non), <em>Un Pedigree</em> m’a permis de comprendre comment l’enfance et la jeunesse de Modiano ont façonné l’auteur qu’il est devenu. Auteur aux personnages déracinés et solitaires, comme lui, en quête d’identité, et déambulant dans les rues d’un Paris qu’il a lui-même&#160; toujours aimé et dont il a été tenu à l’écart dans sa jeunesse, lorsqu’il était envoyé dans des pensionnats de province, et qu’il a redécouvert plus tard, s’y promenant seul pendant des heures, comme son ami Raymond Queneau aimait aussi le faire…</p>
<p align="justify">Si <em>Un Pedigree</em> ne véhicule pas tout à fait le même charme et la même magie que ses romans, il reste une lecture indispensable pour qui veut mieux comprendre l’univers particulier de Patrick Modiano, qui contrairement à la plupart de ses personnages désespérément coincés dans le passé et la mémoire, a réussi, par rapport à son enfance malheureuse à en prendre “le large avant que le ponton vermoulu ne s’écroule”…</p>
<h2>Note: 4/5</h2>
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